La demande de création de compte qui a tout changé
Pendant longtemps, j’ai utilisé un porte-cartes numérique pour stocker mes nombreuses cartes de fidélité. Supermarchés, bibliothèques, différents commerces… il y a des cartes pour tout. Pour éviter d’en emporter des dizaines avec moi, je les avais toutes enregistrées dans cette application. Au début, tout fonctionnait bien. Mais après plusieurs années de service, cette app a été rachetée par un géant du secteur des paiements numériques… Et c’est là que tout à commencer à se dégrader, du moins pour moi.
Cela a commencé avec des publicités pour des magasins et leurs promotions. Elles sont apparues comme on présente des actualités, avec des sortes de « stories », comme tous les autres réseaux sociaux. Puis ils m’ont incité à utiliser leurs services de paiement, leurs cartes bancaires et ainsi de suite. C’était encore supportable… jusqu’au moment où ils ont exigé la création d’un compte. Là, ça a été la goutte d’eau de trop. Ces cartes, ce sont mes cartes, mes données (déjà exploitées par les commerces, je le sais bien). Certaines, comme celles des bibliothèques publiques ou d’autres organisations, ne servent pas à collecter mes données. Mais je suis presque certain que leur application croisait déjà mes différents achats et utilisations de cartes pour les revendre. Mais demander la création d’un compte pour que je puisse continuer à avoir accès à mes cartes ? C’était trop. Ma frustration avait atteint son paroxysme. Pourquoi auraient-ils besoin de mon adresse e-mail et d’autres données personnelles pour que j’utilise mes propres données ?
Catima à la rescousse
Heureusement, quelqu’un m’a parlé de Catima. « Une application de gestion de cartes de fidélité et de tickets pour Android. » Le meilleur ? « Catima ne nécessite pas de connexion internet, n’affiche aucune publicité et ne partage aucune donnée. Ce qui en fait la solution parfaite ». Ce sont leurs mots. Et ce n’est pas tout : c’est un logiciel open source. Il est donc possible de consulter le code et de vérifier que leurs affirmations sont vraies.
Je l’ai donc installée.
Migration des données
Première chose à faire : migrer mes cartes. Évidemment, l’ancienne application n’avait pas de bouton « Exporter mes cartes » (contrairement à Catima). La transition n’était donc pas évidente.
C’est un problème récurrent : même si ce sont vos données, elles peuvent être prisonnières de tiers. Et même si vous parvenez à les récupérer, elles ne sont pas toujours dans un format standard et facile à utiliser. Pour les exploiteurs de données, c’est une décision stratégique : ils veulent garder leur avantage sur ce qu’ils ont capturé.
Dans mon cas, trouver une solution alternative n’a pas été trop compliqué. Un peu fastidieux, mais gérable. Catima peut scanner des codes via l’appareil photo, alors j’ai fait des captures d’écran de mes cartes depuis l’ancienne appli et je les ai rescannées une à une. J’aurais pu le faire avec les cartes physiques, mais la plupart étaient détruites ou purement numériques.
Utilisation de l’application
Que dire ? Elle fait ce qu’elle est censée faire. Rien de plus. Pas de pubs intrusives, pas d’extraction ni d’exploitation de données (du moins, pas par l’appli elle-même – les commerces, eux, continueront). C’est simple, sans fonctionnalités superflues. Elle apporte de la valeur, tout simplement. Alors je l’ai adoptée et j’ai désinstallé l’ancienne application. J’ai aussi demandé la suppression de mon compte et l’effacement total de mes données de leurs services et bases de données. En vertu du RGPD, j’espère qu’ils l’ont fait.
Conclusion
L’exploitation des données est une réalité. Tout comme la propriété des données. Cette expérience m’a fait réaliser que je m’étais trop habitué à cette situation. Et elle a renforcé mon attachement pour l’open source et les logiciels libres. Reprenons le contrôle, étape par étape.
Références
Pour en savoir plus sur Catima :
- Leur site Internet : https://catima.app
- Leur repository : https://github.com/CatimaLoyalty
